Espace Vauban Brest
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Revue de presse

liberationCharles Muzy fait salle comble depuis 26 ans. L'hôtel restaurant bar et salle de concerts-spectacles Le Vauban, du haut de ses 55 ans, a acquis aujourd'hui une réputation de club mythique grâce à la passion de son actuel dirigeant, Charles Muzy...

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liberationLa chanson de geste brestoise doit énormément à la famille Muzy qui tient d'une main souple depuis cinquante ans le Vauban, une maison attachante qui possède en sous-sol la plus remarquable salle de concerts du Grand ouest (500 places). Charles Muzy a succédé à son père qui lui-même tenait l'affaire de son grand-père...

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l'express
Dans un paysage musical sinistré, le Vauban fait mieux que résister. C'est un grand mystère brestois. Ici, bars et cafés foisonnent. Ici, Matmatah et Miossec, notamment, ont fourbi leurs premières armes en concert. Et pourtant, à Brest, les endroits pour écouter de la musique se comptent sur les doigts d'une main, ou presque. Seule résiste une place forte, un lieu légendaire: le Vauban, « la mémoire musicale de toute une ville », selon son patron, Charles Muzy...

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Lu dans Libération

La chanson de geste brestoise doit énormément à la famille Muzy qui tient d'une main souple depuis cinquante ans le Vauban, une maison attachante qui possède en sous-sol la plus remarquable salle de concerts du Grand ouest (500 places). Charles Muzy a succédé à son père qui lui-même tenait l'affaire de son grand-père. Il faut être franc, Le Vauban est une arche de Noé. On y croise des couples, qui dansent le tango avec des grâces de pélican lors du traditionnel bal du samedi soir et des ours en souliers vernis qui se trémoussent sur AC/DC quand sonne l'heure de passer le balai. Les Dogs sont venus de Rouen s'y produire, Christophe Miossec passe parfois en voisin, les Nits des Pays-Bas et Cali de Perpignan ont donné un joli concert la semaine passée.

On accède à l'unique loge entre les conduits de la chaufferie et la tuyauterie des pompes à bière. Promesse. Monsieur Charles, qui ne respire que par la musique et le bœuf mode, est toujours aux petits soins pour les artistes. Les Muzy sont d'origine corse par la branche mâle qui a toujours eu un goût prononcé pour le paso doble et Bretons par maman. Là n'est pas la singularité de cet endroit merveilleux où l'on peut déjeuner d'un colin mayonnaise, dîner d'un lapin à la moutarde et coucher ensuite à l'étage dans une des 52 chambres de l'établissement. Evidemment, le son monte un peu les soirs de concert; pour autant les clients ne descendent pas en pyjama pour demander de baisser la musique : «Les gens viennent ici pour l'ambiance et la programmation».

Au petit-déjeuner (6 €), on saluera ainsi Little Bob Story et cela n'a pas de prix (38 € la chambre avec douche). Ou encore Rodolphe Burger de Kat Onoma, groupe qu'affectionne Monsieur Charles et qui se sent ici comme chez Iui. Léo Ferré a donné voilà presque vingt ans un récital qui a ému jusqu'aux larmes le patron : "Léo m'a dit que c'était une chose rare de posséder un endroit comme le Vauban et qu'il fallait le garder authentique.» Charles a tenu promesse.

A vrai dire, il est difficile de résister à l'appel du Vauban entre octobre et juin. Pourquoi ? Le Vauban donne cinq concerts par semaine et toujours ce fameux bal du samedi soir qui reste le plus beau voyage sur Ia Lune pour le prix d'un apéritif en salle. La salle de la famille Muzy est liée par un patenariat avec la ville de Brest qui s'attache à proposer au public une programmation solide, même pour les goûts les plus sûrs et les oreilles les plus averties. C'est ainsi qu'avec Monsieur Charles et bien aidé en cela par sa mamam, ces vingt dernières années ont vu sécher au vent du Vauban des chanteurs de blues, de nombreux trios de jazzmen, de remarquables groupes de rock, quelques vedettes départementales oubliées comme les Cratères et des gloires régionales de la musique celtique.

Du temps de Monsieur Muzy père, la salle s'appelait la Redoute, «une sorte de Golf Drouot brestois», explique Charles, un homme généreux qui ne compte pas ses heures car souvent couché à 5 heures et debout à 9 pour faire son marché si bien que Charles cavale en tous sens. Charles, qui s'est fait la main comme maître d'hôtel, ne se voyait pas reprendre l'affaire : "je me souviens très bien, dit-il, des réflexions des clients qui trouvaient l'endroit ringard, moche, nul. Ce sont les mêmes qui, quelques années plus tard l'ont trouvé à la mode. Pourtant rien n'avait vraiment changé, mais sur le coup je crois bien que j'en avais pleuré.» Le Vauban tiendrait un peu de la Coupole et de l'auberge des Trois Faisans. C'est le royaume de toutes les acrobaties brestoises.

Prouesse. D'abord, on suspendra sa veste qui sent le chien mouillé au porte-manteau de la brasserie. Puis on évitera de trop s'attarder à l'apéritif au bar du rez-de-chaussée. Puis on descendra une volée de marches qui paraissent ensuite bien pénibles quand il s'agira de remonter à la surface sur le coup des deux heures du matin. Vous ne voyez pas l'artiste ? Qu'importe, Monsieur Charles vous fera monter sur le bar d'autorité et ce n'est pas une mince prouesse bistrotière que de tenir debout entre une madone et un plâtre de Johnny Walker. Exigez alors une bière au fût (3,80 €) apportée par des serveurs affables qui finissent par ressembler à leurs clients. Il est trois heures. Pour ne prendre pas froid en sortant de la grotte du rock, vous grimperez dans votre chambre. la maison est vraiment aux petits soins mais ne possède pas de rabot pour la gueule de bois. C'est le seul reproche qu'on lui fera.

Jean-Louis LE TOUZET
Libération

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